Jean-Pierre Georges plaira aux fidèles d'Yves Martin... Ses poèmes brefs ne sont pas atteints d'une métrique aiguë, ils dispensent au contraire un air élégiaque qu'une note de gouaille fait soudain sonner de travers. Comme on avale, mal, l'arête d'une chair délectable... Pas de discours : poésie «d'agenda», comme eût dit Louis Guillaume, le quotidien pris au filet, la couleur du jour, la vie avec soi...
Si vous aimez Fargue ou Georges Perros, lisez Jean-Pierre Georges, vous le reconnaîtrez comme de bonne compagnie.
Il a l'exubérance des grands varans en voie d'extinction. Il ausculte l'ennui avec les précautions d'un médecin-légiste, s'interroge sur une toux sèche, convoite une chaussette godant sur un mocassin, il révise son métier de vivre à l'enseigne de Georges Perros... Une sorte d'acharnement à ne pas vivre... Jean-Pierre Georges joue serré avec la solitude, la misanthropie, ses poèmes tressautent à la bonne franquette dans la langueur hiératique des chemins de caillasse... Un lyrisme volatile met des rustines aux rêves, quand le ciel n'avance plus, quand le coeur pèse comme un fagot...
Né en 1949 à Chinon, Jean-Pierre Georges est instituteur à Romorantin. Il a publié : «Rien simple menace» (1980, le dé bleu), « Où être bien» (1984, le dé bleu). Une série de seize «dizains» a été publiée dans la NRF (n° 365, juin 1983).
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