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dé bleu
Elle, grenat noir Patricia Cottron-Daubigné

«Cela brûle/ne sera jamais nommé». Le monde, notre monde que «les fées désertent», s’il est bleu, possède le seul bleu possible: celui des hématomes et des ecchymoses que les commotions de l’Histoire ont généreusement assénés sans relâche et avec largesse. La poésie de Patricia Cottron-Daubigné s’installe dans «le juste possible/de tenir», entre ce que la nuit ne permet pas d’oublier - massacres et atrocités qui jalonnent le quotidien de la planète - et ce que le jour voudrait bien bâtir, un monde qui «s’ouvre/accorde les chemins», en particulier ceux du désir et de l'amour. Le livre nait dans cette doublure de langage dont se vêt l'existence: à la fois, un revers social, politique, culturel hanté par la présence récurrente de Camille, Mozart..., leurs énigmatiques italiques d’une part, et l’avers qui veut vivre, le corps offert, ouvert à la chair plus qu’au chant de l’amour d’autre part. Le poème, sobre comme une «longue cicatrice/cousue/sur quel désir», balafre un matin clair, entre sommeil et éveil, qui invente «d’improbables issues». Mais des issues qui brûlent et laissent interdit.

Patricia Cottron-Daubigné est née à Surgères, en Charente-Maritime. Elle vit et travaille aux abords du Marais Poitevin. Elle a publié des poèmes dans de nombreuses revues - Décharge, Friches, Multiples, Poésie première, Rétro-Viseur, L’Arbre à paroles, etc. - et une dizaine de plaquettes, parmi lesquelles Portraits pour ma mémoire qui lui a valu le «Prix du Livre de la Région des Pays de la Loire» en 1996.

Couverture: peinture d'Edwyn Apps. ©le dé bleu Chaillé sous les ormeaux tel 02 51 34 94 00 Peinture d'Edwyn Apps