Extrait choisi par aspoesie.fr
J'ai reçu le numéro 133 ce jour, donc pas encore de choix. Mais j'ai lu dans les Ruminations de Claude Vercey le dialogue virtuel et intéressant de Jacques Morin et Alain Kewes sur Nos outils d'artisan et la conclusion de Jacques Morin que je partage et cite avec plaisir:
« Je pense intimement que ces nouvelles pratiques ne
changent pas grand chose à la poésie ou à l'idée que je m'en fais. Il y a
une fulgurance dans le rendu à tout niveau à laquelle on ne pouvait
prétendre antérieurement. Internet n'est qu'un aspect de l'évolution
sidérale de la communication. Quand je tournais la manivelle de ma
ronéo au début de Décharge en 81, voire du Crayon noir en 73, je me
donnais les moyens de fabriquer une revue avec ce que j'avais comme
outil à ce moment-là pour ce faire. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus
facile et beaucoup plus réussi avec l'ordinateur ; mais si j'ai bien
intégré ces progrès faramineux, je pense à peu près la même chose de la
poésie que j'ai envie d'écrire et que j'ai envie de publier, et de lire.
Le moyen, l'outil, le support a évolué. La poésie à la plume d'oie ou sur le
clavier informatique reste la poésie...
Le poète manie les mots, peu importe qu'il s'agisse d'encre ou d'octet.
Le revuiste, lui, fait de l'écobuage de textes.»